Revenir à l'or, laisser la cendre



Il existe des courants invisibles qui traversent les êtres,
des mouvements silencieux qui se tissent entre les regards,
les intentions, les absences.

Tout ne se joue pas dans la lumière apparente.
Certaines forces préfèrent l’ombre douce,
celle qui se glisse dans les failles,
dans les manques,
dans les désirs inavoués d’être reconnu, validé, nommé.

Je ne parle pas ici d’ennemis,
ni de luttes à mener.
Je parle de mécanismes
que l’on apprend à reconnaître
lorsque l’on a cessé de vouloir prouver.

J’ai longtemps cru que l’ouverture devait être sans limite.
Que la bienveillance consistait à tout accueillir.
Puis j’ai compris que la sagesse n’est pas une porte toujours ouverte,
mais un seuil conscient.

Il y a des présences qui se déposent.
Et d’autres qui cherchent à prendre.

Lorsqu’on ne nourrit plus les projections,
lorsqu’on refuse les masques dorés,
lorsqu’on ne flatte ni l’illusion ni l’ego,
certains s’éloignent.
D’autres se troublent.

Non parce qu’on les a blessés,
mais parce qu’on ne joue plus le rôle attendu.

Je n’ai pas appris cela dans le combat.
Je l’ai appris dans l’observation.
Dans le retrait intérieur.
Dans le silence retrouvé.

À force de vouloir tout éclairer,
on se fatigue.
À force de vouloir corriger,
on se disperse.

Alors vient un autre temps.
Celui où l’on cesse d’alimenter ce qui ne demande qu’à brûler.

C’est là que j’ai compris.

Il ne s’agit pas de vaincre l’ombre,
mais de ne plus lui offrir de prise.
Il ne s’agit pas de se fermer,
mais de choisir où poser sa présence.

Car la clarté tranquille ne s’oppose à rien.
Elle est.
Et ce simple fait suffit.

Il arrive un moment où l’on n’emporte plus tout avec soi.
Certaines expériences ont accompli leur œuvre.
Elles ont chauffé, éprouvé, révélé.

Alors il devient possible de revenir à l’or.
À l’essentiel.
À ce qui, en soi, n’a jamais été altéré.

La cendre n’est pas rejetée.
Elle est simplement laissée là où elle appartient :
dans ce qui a été traversé, compris, intégré.

Je n’emporte plus avec moi ce qui fut brûlure.
Je garde ce qui est devenu connaissance,
présence,
paix habitée.

Revenir à l’or,
c’est ne plus se définir par ce qui a blessé,
mais par ce qui a émergé.

Laisser la cendre,
c’est honorer le feu
sans s’y consumer à nouveau.

 

Au Coeur de l'Être _ Valéria F.

@Copyright ( 4 janvier 2022 )

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