Et si la question n’était pas « Ai-je un don ? »
mais plutôt : « Suis-je prêt à reconnaître ce que je suis déjà ? »
Avant même de parler de dons dits spirituels, prenons un instant pour revenir à l’évidence.
Tout être humain est doté de dons.
Penser, choisir, rester, partir, écouter, ressentir, créer, aimer, discerner…
Ces capacités font partie de la vie elle-même.
Nous possédons le don de la liberté,
le don de la pensée,
le don de décider,
le don de nous ouvrir à une connaissance,
et parfois aussi le don de nous en détourner.
Chaque pas, chaque respiration, chaque mouvement de conscience est déjà une expression du Don.
Le Je Suis est en lui-même cadeau, offrande et présence.
Le corps humain n’est pas un assemblage hasardeux.
Il est une œuvre vivante, animée par une seule et même vie.
Chaque organe, chaque cellule, chaque souffle participe à une intelligence plus vaste.
Sans le cœur, le corps ne vit pas.
Sans l’esprit, la matière s’alourdit.
Sans l’âme, la vie se dessèche.
Nommer le Créateur importe peu.
Qu’on l’appelle Dieu, Vie, Source ou Amour,
il demeure ce principe vivant qui anime toute chose.
Un Don n’est donc pas une exception.
Il n’est pas réservé à quelques élus.
Il est l’expression naturelle de la Vie en mouvement.
Lorsque l’on parle de dons dits « spirituels », comme la voyance, la guérison, le discernement ou la perception subtile, il est essentiel de ne pas les détacher du vivant.
Un don n’est jamais isolé d’un corps.
Il engage l’être dans sa totalité :
le corps, l’âme, l’esprit, l’ancrage, la conscience.
Un voyant ne voit pas uniquement avec ses yeux.
Il perçoit avec tout son être.
Il ressent, il discerne, il s’ancre, il écoute.
Son don ne peut exister sans discipline intérieure, sans équilibre, sans enracinement.
Avant de s’élever vers le Ciel, il lui faut apprendre à descendre dans la Terre.
Car un don qui ne s’ancre pas finit par épuiser celui qui le porte.
Un Don est vivant.
Il ne peut être figé, exploité, ni réduit à une fonction.
Lorsqu’un être tente de s’identifier uniquement à son don, il perd l’unité qui le rend juste.
Dans le langage de notre temps, un Don est une discipline de vie.
Un art d’habiter le monde.
Une manière d’être en relation avec la matière et le subtil, sans les opposer.
Comme toute force, le Don peut servir le bien comme le mal.
Il peut éclairer ou aveugler.
Créer ou détruire.
Tout dépend de l’état de conscience de celui qui l’incarne.
Le peintre donne forme à l’invisible à travers la matière.
Le voyant donne forme au fluide à travers la perception.
Tous deux offrent la Vie.
Le Don n’est pas ce que l’on possède.
Il est ce que l’on devient capable de porter avec justesse.
Et lorsque l’être cesse de vouloir briller à travers son don,
alors le Don retrouve sa fonction première :
servir la Vie.
Valéria F.
Au Coeur de l'Être _ Valéria F.
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